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Christiane Taubira: «si on ne réfléchit pas à prévenir la récidive, on contribue à l’insécurité des Français»

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A l’occasion de la conférence de consensus sur la prévention et la récidive à la Maison de la Chimie à Paris, Christiane Taubira était l’invitée de France Culture vendredi 15 janvier. La Garde des Sceaux a évoqué la future réforme de la justice pénale et la prévention de la récidive.

Prévenir la récidive pour la sécurité des Français

S’agissant de la conférence sur la prévention et la récidive, Christiane Taubira a tout d’abord salué la composition du comité d’organisation, constitué de personnalités de sensibilités diverses, notamment de l’opposition :

Peu importe ce qu’on peut dire: vous avez pour la première fois un rassemblement de compétences, de personnalités. C’est sans précédent ce rassemblement sur la prévention de la récidive. […] Ce n’est pas nous qui gagnons, c’est la société qui est en train de gagner. C’est l’intelligence collective qui est en train de gagner.

Puis la ministre a expliqué pourquoi elle souhaitait traiter la prévention de la récidive en priorité:

Une société démocratique doit s’interroger sur le sens de la prison, sur son efficacité. Si l’incarcération n’est pas efficace et si la récidive est importante, ce qui est encore le cas, cela fait de nouvelles victimes. C’est-à-dire que si on ne réfléchit pas à prévenir la récidive, on contribue à l’insécurité des Français.

 

Les peines-plancher: un dispositif désocialisant qui réduit la capacité d’appréciation du juge

Christiane Taubira a exprimé par la suite son opinion quant aux peines-plancher introduites par Nicolas Sarkozy:

Regardez l’utilisation des peines-planchers: vous voyez que les peines-planchers ont servi surtout à graver des peines très désocialisantes, à graver des peines sur des délits mineurs alors que les peines-planchers n’ont eu aucune utilité sur les crimes.

La ministre a notamment souligné qu’en outre, l’automaticité du dispositif réduisait la capacité d’appréciation des juges et donc l’individualisation de la procédure, de la peine et du suivi.

 

Lutter contre la surpopulation carcérale

Enfin la Garde des Sceaux a évoqué la surpopulation carcérale:

Oui, il faut lutter contre la surpopulation carcérale parce qu’elle est inefficace et qu’elle est dangereuse ; oui il faut lutter contre la surpopulation carcérale parce que ça n’a pas de sens de retenir des gens dans des conditions d’indignité.

Mais d’expliquer que la lutte contre la surpopulation carcérale devait être menée dans le cadre de luttes plus large: la prévention de la récidive, la réduction de la délinquance, la lutte contre l’exclusion mais aussi la lutte contre la pauvreté et la lutte pour l’insertion sociale. Christiane Taubira a donc conclu sur l’importance de «multiplier les politiques publiques, ou plutôt croiser, harmoniser les politiques publiques».

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